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9 mai / May 9



Les élèves de quatrième année de l’école des Rapides-Deschênes et dans son cour, une montgolfière de Gatineau, le 26 avril 2007. Photo: Le Bulletin d’Aylmer

Embarque, on n’ira pas vite ! (1ière partie)

Ça fait des années que les résidents du secteur Ouest de Gatineau-la-Neuve espèrent pouvoir se rendre au centre-ville sans faire trop de détours ni trop de surplace. Plusieurs d’entre eux d’ailleurs vont gagner leur pain quotidien de l’autre côté de la rivière des Outaouais et reviennent au Québec chaque soir pour y payer leurs taxes municipales et leurs impôts québécois sur un salaire gagné en Ontario.

Une attente partagée également par les gens qui habitent à Luskville, Quyon et les environs et qui empruntent régulièrement la route 148 pour se rendre à leur travail ou pour venir faire des emplettes dans les centres commerciaux des secteurs Hull et Gatineau.

Il y a quelques années, le Chemin Aylmer a été élargi, passant d’une route de village à un boulevard urbain à voies doubles dans les deux directions. Les gens du coin respiraient d’aise, car, croyaient-ils, les longs bouchons de circulation et de pollution allaient enfin prendre fin, matins et soirs.

C’était malheureusement sans compter sur la grande sagesse de nos élus municipaux qui s’empressaient d’établir des voies réservées pour le transport en commun aux heures les plus achalandées. Donc, il n’était pas question de faire de la vitesse de pointe aux heures de pointes. Pire encore, en ajoutant des feux de circulation un peu partout sur cette nouvelle route à quatre voies, on a réussi à ralentir davantage le flot de voitures, augmentant d’autant la pollution causée par les moteurs qui tournent au ralenti et qui brûlent deux fois plus de carburant à chaque fois qu’ils relancent cette masse inerte pour se rendre jusqu’au prochain feu rouge.

Alors que tout le monde se met en file dans la même voie, celle de droite reste inutilisée puisque le nombre d’autobus empruntant cette voie réservée est tout de même très limité. Au plus grand moment d’affluence, il y aura un autobus en moyenne à toutes les 5 minutes, 12 à l’heure, 36 en trois heures. Pendant ce temps, on double la quantité de polluants dans l’air des 3 600 véhicules qui se suivent à la queue leu-leu et dont les occupants regardent distraitement passer le temps perdu et les vapeurs d’oxyde d’azote dans cette voie réservée qui ne sert pratiquement pas.

Certains automobilistes profiteront de ce temps mort pour prendre leur petit déjeuner au volant, d’autres pour lire leur journal, d’autres encore pour se refaire une beauté, fard à joue et rouge à lèvres en alternance, retardant d’autant les nombreux départs-arrêts tout au long du chemin.

Les plus futés se risqueront à emprunter de temps en temps la voie réservée car ils deviennent si exaspérés par cette politique qui n’a pas de bon sens qu’ils sont prêts à risquer les points de démérite et à voir leurs petites économies s’envoler s’ils se font attraper par les gendarmes aux aguets. N’empêche que les contraventions ont totalisé la rondelette somme de 11-millions de dollars dans le coffre au trésor de Gatineau-la-Neuve. Le même montant que le surplus budgétaire déclaré pour l’année 2006. (à suivre)

Antoine L. Normand
 
Mothers’ Day, 2007

When the poet EE Cummings wrote, “he who pays any attention to the syntax of things will never wholly kiss you . . .” he was not speaking about editors. We editors may pay too much attention to syntax, but we certainly are in favour of kissing, fully. It is such a pleasant thing to do. And it is how motherhood usually begins.

Kissing is much more than pleasant. It is a most basic and powerful breaking down of the boundaries we each maintain, boundaries that only humans seem to have and which separate us from all other animals. So much of our society is designed to keep inter-personal boundaries safe and intact, even to promote boundaries and all the rigidity they can bring. Our sense of self is what our boundaries protect.

vOur sense of self is our template for living. We use our sense of self to sort out and then put together our experiences. It is us, in our purest form. And kissing intrudes, pushes in upon this sense of self, throws all these social and psychic boundaries out the door — and spreads our oh-so-important sense of self like butter. The warm butter of a lingering kiss.

Although kissing is an end in itself, it is also the start of things, besides motherhood. It is the start of the chain reaction which brings more love into the world. We celebrate mothers for this; they are conduits. They bring love into the world. They bring it in by giving birth – anyone present during a birth will never forget the deluge of love unleashed in the room, a real flood — and then mothers nurture each deluge, each birth, for the rest of their lives.

Births do mean over-population, which is a big problem. But over-love isn’t a problem. We are not loved out, not drowning in love, despite all the births day after day – despite all the mothers contributing big time to our world’s sanity and continuity. We face a shortage of love; we grind it up and spit it out with our wars and various insanities towards each other, and so need a constant re-supply. Mothers should be recognized for this contribution, every day. We should bow to mothers, a little Japanese bow, each day.

Better yet, we should bring more mother-friendly practices to the workplace and in schooling, in the health system, in the banks and in government policy, especially taxes, and in social services. We’ll have to elect more women for that; we should be determined to elect mothers, real mothers. That’s a Mothers’ Day Resolution.

EE Cummings concludes his poem about syntax . . . “then laugh, leaning back in my arms for life’s not a paragraph and death I think is no parenthesis”

Well, every mother knows that. That’s why our mothers can laugh, can lean back in our arms.

On Mothers’ Day, every day.

Fred Ryan