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23 mai / May 23



Fonds pour des problèmes auditifs

Un bulletin chiffré ?

Ces jours-ci, sous l’impulsion du Ministère de l’Éducation du Québec, les Commissions scolaires préparent l’introduction d’un nouveau bulletin scolaire pour la rentrée de septembre prochain.

On a donc développé des modèles de bulletins-type et on demande l’avis des enseignants, des directions d’école et des parents représentés par les Conseils d’établissement sur la façon dont les bulletins seront configurés pour évaluer la performance des enfants.

On y retrouve des mots, rien que des mots, des phrases codées, des légendes de notation pour évaluer la compétence des enfants dès leur arrivée au préscolaire. Comme les enfants à cet âge-là ne savent pas lire ça ne devrait pas trop les traumatiser qu’on les juge par la cote A, B, C, D, E. C’est plus inquiétant cependant pour les parents qui apprendront par ce bilan que leur bambin a une compétence marquée (A) ou assurée (B) ou acceptable (C) ou peu développée (D) ou très peu développée (E).

Bien entendu, les compétences sont subdivisées en éléments tels que : agir sur le plan sensoriel et moteur, affirmer sa personnalité, interagir de façon harmonieuse avec les autres, communiquer, découvrir et expliquer son environnement physique et humain, mener à terme un projet ou une réalisation. Encore une fois pour un enfant de cinq ans, le plan sensoriel et moteur, découvrir et expliquer son environnement ça fait savant mais quant à savoir s’il a une compétence marquée, assurée ou acceptable il n’est pas certain qu’il pourra y comprendre grand chose. Quant aux parents, ils sauront grâce à cet ABC-daire si le petit de cinq ans fera sa place dans la vie, deviendra un grand orateur, sera sensible à l’environnement, votera pour le parti vert à l’âge de 18 ans ou bien si, triste nouvelle, il est déjà dans le groupe des incompétents D-crocheurs, pire encore des E-cartés.

Le même genre de notation se retrouvera au bulletin durant les six années du primaire avec un A, B, C, D, E, se traduisant par une progression (A) très satisfaisante, (B) satisfaisante, (C) partiellement satisfaisante, (D) insatisfaisante et (E) nettement insatisfaisante. Pas de chiffres, pas de pourcentages, pas de rangs. Juste une progression satisfaisante ou insatisfaisante. On se demande pourquoi le Ministère et le monde de l’Éducation ont-ils tellement peur des chiffres ? Pourtant l’école devrait nous préparer à la vie. Et la vie n’est faite que de chiffres.

Ça commence dès la naissance. Après avoir lavé le bébé, on le pèse. Trois kilos, quatre kilos. On le compare à la norme pour savoir s’il est trop lourd ou pas assez. On mesure le nombre de centilitres qu’on lui fera boire. On surveille sa croissance, on mesure sa longueur, on veut savoir comment il se compare aux autres enfants de son âge. Même l’âge est fait de chiffres.

L’enfant qui réside à moins d’un kilomètre de l’école doit marcher pour s’y rendre. Dans tous les sports qu’il pratique on tient compte du pointage. Le champion olympique a un meilleur score que les autres athlètes. À bientôt le retour à un bulletin chiffré qui nous parle vraiment ?

Antoine L. Normand
 
A sense of entitlement?

In the last federal election we learned a new catch-phrase: “entitlement”. Justice Gomery gave the word life by referring to the “sense of entitlement” which allowed politicians and their consultant pals to dip into the public purse as if it was their private stash. Entitlement, let’s be clear, means not that anyone’s a crook, but that they believe they have every right to do what they’re doing. In the land of entitlement no one is a crook, complainer, or lazy bum; everyone’s entitled to their foible.

There is such a land of entitlement. It’s Canada. Forget the Liberals—they’ve paid their dues on that one—we are all claiming entitlements. We smoke. Who cares if it bothers or sickens nearby people; who cares if it costs everyone to hospitalize the smokers dying of lung disease? Smokers are entitled to smoke!

Recycling? Can’t be bothered separating the garbage from recyclables? And composting — forget it! It’s a bother to separate all this stuff. We’re entitled to take life easy.

Eating, we have a sense of entitlement to eat whatever junk food we wish, all the sugar and fat, no matter its effect on our health or on costs to society dealing with people suffering from nutrition-based illnesses.

We have a sense of entitlement to drink as much as we want, to litter when we feel like it, and to run up credit and max out our charge cards. We are entitled to super health care, with no waiting, because we are who we are, even if we do little for our own health. Doing the right thing is too uncomfortable. We are entitled to have our kids educated perfectly, even if we don’t help them with homework or stay involved in their lives. We are entitled to good highways, sidewalks, and plenty of bridges, even if we vote for lower taxes. We’re entitled to unbiased news, even if we don’t read a newspaper and only manage the ten-second new bites on TV. We’re entitled to high-paying jobs, even if we didn’t stay in school, entitled to four-week vacations, entitled to a giant house on good farmland, entitled to drive gas-guzzlers, entitled to burn leaves, entitled to instant gratification and good sex, entitled to . . . you get the point.

The insidiousness of this is the other side of entitlement—it means we have no responsibilities. We’re entitled; we’re not required to work hard, be honest, save up, pay our share, defer pleasures, or take care of the planet. The only ones who do have responsibilites are “the government”, “the health system”, “the schools” — everyone, in short, except us. We’ve got other things to do.

It’s as if the government is someone other than us, as if our schools came from another planet, and as if our health has nothing to do with our life-styles and diets.

What is it, again, that entitles us to all this?

Fred Ryan