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12 mars / March 12
 


La castonguette est à ras bord (2ième partie)

J’aimerais poursuivre sur le sujet du système de santé suite au rapport Castonguay et au rapport Ménard qui l’avait précédé d’une couple d’années. Non pas tant pour en faire la description ou l’analyse, mais simplement pour remettre en perspective tout ce qui se dit, s’écrit et se véhicule de plus en plus dans les conversations des citoyens. Au point où les résultats de sondages de l’opinion publique tendent à démontrer que les gens sont prêts à payer un supplément pour avoir accès aux soins de santé et à un médecin de famille.

Cette notion de payer est insidieuse. Malheureusement, les médias qui se font l’écho de ces sondages d’opinion se font, du même coup, les porte-voix de ceux qui sournoisement tentent de trouver des formules pour amener plus d’argent dans le système sans que ce soit nécessairement le programme universel de santé qui en absorbe l’augmentation des coûts. La formule du «ticket modérateur» plaît bien à tous ceux qui ont les moyens de payer davantage ainsi qu’aux médecins qui voient là une façon d’augmenter leurs revenus.

Bien entendu, ceux qui travaillent dans des milieux où ils jouissent d’une assurance à frais partagés avec leur employeur pour leurs médicaments, frais médicaux, dentaires, ophtalmiques, prothèses et hospitalisation ne voient pas d’un si mauvais œil l’idée de devoir payer 25$ par visite et une franchise annuelle de 100$ puisqu’ils sont remboursés en général à 80% de leurs dépenses. Mais pour le monde ordinaire, ceux qui n’ont pas de tels régimes, les coûts additionnels sont une calamité.

Du même coup, le régime d’accès universel aux soins de santé devient un système à deux vitesses où ceux qui peuvent payer iront chez le médecin, les autres iront engorger davantage les salles d’attente des urgences des hôpitaux. C’est donc dire que ce que recommande le rapport Castonguay va à l’encontre du désengorgement des hôpitaux.

Le problème dans le domaine de la santé, ce n’est pas tant un problème d’argent qu’un problème de manque de médecins. Aurions-nous un problème si nous avions deux fois plus de médecins ? Il faudrait faciliter l’accès aux étudiants en médecine dans nos universités et reconnaître les qualifications des médecins étrangers à qui on refuse le droit de pratiquer.

Imaginons que le gouvernement du Québec, pour faire face à cette pénurie de médecins et d’infirmières, décidait, au lieu de donner plus d’argent aux hôpitaux, d’offrir la gratuité universitaire à tous les étudiants inscrits en médecine et en sciences infirmières et qu’en plus il exigerait qu’on double le nombre d’admissions dans ces facultés. Il va de soi qu’il ajusterait tout le financement requis à cette fin dans les budgets de ces facultés universitaires. Parallèlement, le gouvernement offrirait des primes généreuses à tous les médecins qui accepteraient d’enseigner ou de faire du mentorat auprès des médecins venus de l’étranger et qui ne peuvent pas pratiquer, faute d’avoir accès à un mentor.(À suivre)

Antoine L. Normand

Photo: Christine Henri




Stampeded!


The Conservatives and Liberals have teamed up to pass bill C-3, effectively stampeding the people of Canada into accepting what could eventually become the groundwork for a far less democratic society than we now have.

C-3 is the government’s response to the Supreme Court’s ruling that the old “anti-terror” legislation is unconstitutional and must be changed. Clearly, the judges on the highest court wanted a complete over-haul of the legislation, but what they got was a face-lift, designed to modify the undemocratic nature of the legislation just enough to allow it to pass judicial review.

C-3 gives us secret trials, “security certificates”, indefinite detention, and the deportation of people to certain torture, “rendition” as the Americans call it.

These are exceptional powers and although the government may insist we are at war with “terrorism” — war always justifies the worst — Canadian society is not at war. Although we have joined the attack on Afghanistan, and are losing soldiers there, that is not a war against us, but a war we have aggressively joined. If we mimic the tactics of terrorists, what is it that separates us from them? The purity of our intentions?

We want to support our police and military, certainly, but there have to be limits to what we will permit, otherwise we may find ouselves the eventual victims of these draconian powers. History has plenty of such examples. Nor should we accept undemocractic powers as an excuse for shoddy police work. If we are under threat we have to insist on better police work. The Keystone Kops trying to prevent the Air India bombing, for example, show us that our own inept police work can be a bigger danger than the schemes of religious or nationalistic fanatics. Giving draconian powers to flaky police and counter-espionage agencies is the worst possible idea.

We have been easily stampeded into accepting almost anything as long as it is labeled as anti-terrorism. We seem to be suckers for every re-playing of the attack on the World Trade Centre, as though such attacks happen every week.

We are told that if we have nothing to hide, we have nothing to worry about, but this is a specious argument, since these powers can be used merely by invoking “suspicions” — and any of us can be labelled as suspicious. What is more to the point is that by putting such powers on the books, we are setting the stage for bigger problems in the future if some demagogue or group of fanatics ever gains a position in which to exercise these powers against us.

That may sound unlikely, but only to those who know no history. The Americans have found themselves in trouble with proto-fascist people in power, from J. Edgar Hoover to Richard Nixon, and America has many more constitutional safeguards than do we. If we think it can never happen here, remember that it already has. Ask any Aboriginal Canadian.

Fred Ryan