Les tensions s’accumulent entre les pompiers et la Ville de Gatineau
Mélissa Gélinas
Lors d’un processus de recrutement de futurs pompiers à l’aréna Campeau, dans le secteur Templeton, une manifestation de l’Association des pompiers et pompières de Gatineau (APPG) s’est déclenchée. Des policiers du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) étaient sur place le 16 février dernier afin de maintenir l’ordre. Toutefois, malgré la présence policière, l’événement aurait pris une tout autre tournure.
Contexte
En plein processus d’arbitrage et de négociation d’une nouvelle convention collective, le Service de sécurité incendie de Gatineau (SSIG) effectue des moyens de pression afin d’obtenir de meilleures conditions de travail et un salaire compétitif.
Une manifestation jugée inacceptable
Selon Steve Moran, conseiller municipal du district de Hull-Wright et président du comité exécutif de la Ville de Gatineau, la manifestation aurait « dépassé les bornes ».
En effet, il semblerait qu’un déclenchement de sonnette d’alarme, suivi d’une entrée par effraction dans un des locaux de l’aréna où les apprentis effectuaient leur test physique, se soit produit. Certains pompiers auraient été vêtus de cagoules. « Ce sont les faits qui m’ont été rapportés par le SPVG », mentionne M. Moran.
Réponse de Nicolas Houle
De son côté, Nicolas Houle, président de l’Association des Pompiers et des Pompières de la Ville de Gatineau, affirme que la manifestation n’aurait pas été exercée de manière abusive, déraisonnable ni illégale. « Aucun d’entre nous ne portait de cagoules, mais certains avaient des cache-cous », mentionne M. Houle.
L’objectif, selon lui, était avant tout de sensibiliser les futurs pompiers aux enjeux actuels. De ce fait, les pompiers seraient de plus en plus à risque de développer des cancers en raison de l’exposition fréquente à des contaminants toxiques.
Par ailleurs, les casernes, les flottes de véhicules, les autopompes et les échelles aériennes seraient dans un état lamentable, d’après lui. Toutes les plaintes déposées à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) auraient notamment été gagnées.
« Ils doivent également comprendre que nous sommes, depuis plus de deux ans et demi, en négociation pour notre convention collective », précise-t-il. « La Ville de Gatineau n’est pas un bon employeur, puisqu’elle est incapable de prendre ses responsabilités », poursuit-il.
Les mieux payés au Québec
M. Moran, estime qu’il y aurait moyen de retourner à la table de négociation, mais cela devra se faire dans des conditions qui respectent la loi. « La réalité n’est pas celle qui nous est présentée », souligne-t-il. « Selon une étude récente réalisée par l’Union des municipalités du Québec (l’UMQ), les pompiers de Gatineau seraient les mieux payés de la province », ajoute-t-il.
De son côté, M. Houle admet que le SSIG reçoit un bon salaire, mais conteste l’affirmation selon laquelle ils figureraient parmi ceux ayant la meilleure rémunération au Québec. « Le pouvoir d’achat que nous avons perdu comparativement aux autres groupes de la région est hallucinant », exprime-t-il.
Le SPVG n’a procédé à aucune arrestation ni émis de constat d’infraction lors de cet événement.