Planifier l’avenir du bassin versant des rivières Noire et Coulonge
Cathy Fox
FORT-COULONGE — Plus de 20 participants – des membres de la communauté et des représentants d’organismes régionaux – se sont réunis au Pontiac Conference Centre le 4 février pour une consultation organisée par la Société pour la nature et les parcs du Canada – Vallée de l’Outaouais (SNAP-VO) afin de recueillir des commentaires sur le développement futur d’une réserve de biodiversité proposée dans le bassin versant des rivières Noire et Coulonge. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre des travaux en cours visant à élaborer un plan pour cette aire protégée récemment annoncée.
Les efforts pour protéger ce bassin versant remontent à près d’une décennie. En 2016, peu après avoir contribué à la protection de la rivière Dumoine, la SNAP-VO a entrepris des démarches pour recueillir de l’information sur les rivières Noire et Coulonge dans le but de créer un réseau interconnecté d’aires protégées.
Une première proposition a été rejetée, mais le projet a été relancé en 2022 lorsque la SNAP-VO et le Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO) ont reçu le mandat de préparer une deuxième proposition. Le 30 août 2023, le gouvernement du Québec a officiellement annoncé la désignation de 852,6 kilomètres carrés du bassin versant des rivières Noire et Coulonge comme réserve, avec l’objectif éventuel de lui accorder le statut complet de réserve de biodiversité.
Lors de l’atelier, les participants ont assisté à une présentation du vice-président de la SNAP-VO, John McDonnell, qui a expliqué les étapes entreprises par le groupe de citoyens bénévoles Friends of the Dumoine River. Leur travail visant à protéger et à promouvoir la rivière Dumoine a été présenté comme un modèle potentiel pour lancer le nouveau projet.
Les participants se sont ensuite divisés en petits groupes autour de tables recouvertes de cartes de la zone de réserve proposée. À l’aide d’autocollants de différentes couleurs, ils ont identifié des lieux d’intérêt, des préoccupations ou des zones à éviter, en ajoutant des notes pour expliquer leurs choix.
Un deuxième exercice invitait les participants à dresser la liste des « trésors », des préoccupations et d’une vision pour le bassin versant en 2050. Ces idées ont été regroupées sous trois thèmes : les atouts naturels, les atouts historiques et les facteurs de gouvernance. Chaque table a ensuite déterminé ses principales priorités et choisi un porte-parole pour présenter ses idées au reste du groupe.
Malgré le caractère informel de la rencontre, plusieurs thèmes communs ont émergé. Les participants ont souligné l’importance de consulter les communautés locales afin de s’assurer que les infrastructures et les services d’urgence pourront soutenir l’augmentation du tourisme générée par la nouvelle réserve. Ils ont également insisté sur la nécessité d’un financement stable, de lignes directrices opérationnelles claires et bien documentées, de l’embauche locale et de la préservation des connaissances historiques détenues par les aînés.
À partir des commentaires recueillis lors de la rencontre, la SNAP-VO prévoit de cerner les principaux défis et occasions avant d’élaborer un plan d’action et de suivi. L’organisme espère que ce plan pourra être mis en œuvre d’ici la fin de 2027.
Les participants ont aussi suggéré que la prochaine rencontre ait lieu directement dans le bassin versant, avec des canots et des kayaks, afin de permettre aux intervenants de découvrir le territoire sur le terrain.
Cette initiative fait partie de quatre sites choisis par le ministère du Tourisme du Québec et le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs dans le cadre d’un « projet pilote pour le développement de réserves de biodiversité visant à promouvoir un tourisme responsable et durable », financé par le Plan d’action 2020-2025 pour un tourisme responsable et durable.
